Transition Energétique

-       Accompagnement des projets Troisième Révolution Industrielle

 

Le CRESGE participe à l’accompagnement des projets TRI dans le cadre d’un groupement coordonné par Auddicé et formé également par la société Blue2beGreen. Ce groupement est un des trois sélectionnés par la Région Nord-Pas de Calais pour accompagner les porteurs de projet TRI dans la phase avant-projet. Cet accompagnement portera sur des aspects technologiques et considérera également les dynamiques territoriales, de développement économique, de développement durable et d’appropriation citoyenne.

 

-      Smart and Urban Farming (ISA)

 

Depuis le démarrage de son projet Smart and Urban Farming en janvier 2015, le Groupe HEI-ISA-ISEN valorise ses compétences pluridisciplinaires en agriculture, électronique, mécanique et traitement des informations pour mener à bien des travaux de recherche et développement dans le champ de l’agriculture de précision, aussi bien dans les domaines de l’animal que du végétal. Il s’agit de travailler à l’amont de la chaine de valeurs : tester et développer des capteurs puis traiter et valoriser les informations mesurées au service des agriculteurs et de l’environnement. Il est également prévu d’aborder à moyen terme les questions relatives au volet « socio-territorial » en étudiant les modifications induites par les nouvelles technologies sur le monde agricole.

 

En complément, et pour conforter ses activités de recherches, le Groupe a pour projet de mettre en place un démonstrateur en agriculture urbaine (agriculture verticale et/ou sur les toits) qui sera l’occasion d’étudier la place de nouveaux modes de production dans les villes et dans l’écosystème agricole de façon générale ; le but n’étant pas d’opposer ville et campagne mais de travailler sur leurs complémentarités. Le lien avec le point précédent se fait via les technologies nécessaires à la mise en œuvre et au suivi de ces nouveaux modes de production en ville.

 

L’objectif, pour l’ISA et le Groupe, est de développer ces thèmes à la fois en enseignement et en recherche. Un module de dix jours de formation dédiés à l’agriculture de précision est proposé, pour la première fois cette année (2015-2016), aux étudiants de dernière année. Un programme européen en enseignement (Erasmus+ / Partenariats stratégiques) sera déposé en mars 2016 et associera des structures dans 8 pays d’Europe ainsi que 2 entreprises.

En matière de recherche, des coopérations s’engagent avec des structures en région (Weenat) ou hors région (Champagne-Ardenne…). Un projet de recherche de type PIA–P3A (programmes investissement d’avenir, programme agricoles et agroalimentaires d’avenir) démarre avec les entreprises Carré, Bonduelle, Weenat, le Pôle légumes région Nord et le CTIFL (Centre technique interprofessionnel des fruits et légumes) ; il s’agit du projet SFIM (Smart Farming for Input Mitigation). D’autres projets sont en cours de dépôt, tant sur les volets technologiques qu’urbains.

 

 

-       Thèse en économie sur l’effacement de la consommation d’énergie

 

Josias Kpoviessi réalise une thèse en économie sur l’effacement de la consommation d’énergie sous la direction de Nicolas Vaillant et en co-direction avec Véronique Flambard. Il est inscrit à l’école doctorale Sésame depuis novembre 2015. Il résume le contexte et les enjeux de cette thèse comme suit.

Pour Thomas Veyrenc, directeur du département marché de RTE, « Le réseau a besoin de plus de souplesse et le pilotage de la demande de consommation doit apporter cette souplesse ». Cette nécessité questionne la gestion efficace des réseaux et le maintien à tout instant de l’équilibre entre l’offre et la demande d’énergie.

 

Marqué par une explosion de la consommation énergétique (induisant de lourds investissements dans les moyens de production de pointe avec une rentabilité incertaine), le secteur énergétique se doit de trouver des techniques l’aidant à faire face efficacement au pic de consommation. Cette consommation d’énergie passe de 305 TWh en 1990 à 437 TWh en 2012, soit un taux de croissance annuel de 2% et un taux global de croissance de 43% sur la période considérée (Arnaud, Dunod, 2014). Pour garantir une sécurité dans la fourniture de l’énergie, plusieurs moyens sont mobilisés tels que la diversification des sources de production, le stockage d’énergie, l’effacement énergétique…. C’est ce dernier fait l’objet de la thèse. En effet, l’effacement énergétique consiste à réduire la consommation physique d’un site donné ou d’un groupe d’acteur par rapport à une consommation préétablie sans sacrifier leur confort. En plus d’apporter souplesse et réduction des investissements de capacité sur le réseau, il permet de pallier aux chutes ponctuelles de production des énergies renouvelables dus aux aléas météorologiques, en accompagnement du stockage d’énergie qui reste insuffisamment développé. L’effacement d’énergie contribue à l'équilibrage du réseau lors d'une baisse de production, d'une hausse de consommation. Il est ainsi un outil qui permet l’atteinte des objectifs fixés par plusieurs Etats en termes de sécurité de fourniture, de compétitivité des marchés énergétiques et la lutte contre le changement climatique.

 

Pour exploiter pleinement ces différents potentiels, de nombreuses questions se posent. Comment inciter le secteur tertiaire à réduire sa consommation aux heures de pointe ? Comment va-t-il réagir aux incitations tarifaires ? A la perception du partage de la rente générée par son adaptation aux campagnes d’information et de sensibilisation sur les enjeux de la TRI ? Quel niveau de confiance va-t-il développer face aux réseaux intelligents intrusifs et contraignants ? Quelles garanties doit-on lui donner pour qu’il joue le jeu ?

 

Ce projet de thèse s’inscrit dans un champ prioritaire de l’Université qui est la Troisième Révolution Industrielle et permet une collaboration entre SI et SHS.

 

 

-       Post-doc sur la précarité énergétique

 

Inigo Anteparra réalisera une recherche post-doctorale sur la précarité énergétique sous la direction de Frederik Claeyé. Il débutera le 1er mars 2016.

 

Problématique et questions de recherche

“La précarité́ énergétique s’est imposée comme un sujet de préoccupation majeur” (ONPE, 2014, p. 6). A cet effet, les pouvoirs publics ont lancé un « Engagement national contre la précarité́ énergétique ».

 

La loi du 12 juillet 2010 portant engagement national pour l’environnement, en donne la définition suivante: « Est en situation de précarité́ énergétique une personne qui éprouve dans son logement des difficultés particulières à disposer de la fourniture d’énergie nécessaire à la satisfaction de ses besoins élémentaires en raison de l’inadaptation de ses ressources ou conditions d’habitat ».

 

ONPE (2014) distingue trois dimensions qui peuvent être à la source de la précarité́ énergétique: (1) le niveau limité des ressources des ménages, (2) l’habitation à forte déperdition d’énergie, et (3) le renchérissement du cout de l’énergie. La recherche se concentrera sur le premier point en analysant l’apport possible du social business dans la lutte contre la précarité énergétique dans le logement.

 

Selon le professeur Muhammad Yunus, prix Nobel de la Paix pour la création de la Grameen Bank, un social business est conçu et fonctionne comme une entreprise classique : des produits, des services, des clients, des marchés, des charges et des recettes comme toute autre organisation à but lucratif. Mais, ce qui le distingue est le principe de maximisation du bénéfice social plutôt que celui du profit. Reprenant les mots du professeur Yunus (2010), l’objectif du social business est notamment de lutter contre la pauvreté́. Tout cela se déroule en essayant d’atteindre un équilibre financier.

 

Retombées économiques

Appliqué à la lutte contre la précarité énergétique, le social business peut servir comme levier. Il s’agit donc à la fois d’aider les ménages vulnérables à redevenir acteur de leur projet de vie et à éviter que d’autres ne basculent dans l’exclusion. Cela implique que pour lutter contre la précarité énergétique, il faut détecter et accompagner les ménages vulnérables. Un certain nombre de questions se pose auxquels des études ont déjà partiellement données des réponses. Quels sont les comportements des ménages en matière d’énergie, leurs besoins et leurs attentes? Comment faire bénéficier ces ménages de l’effacement et de la réduction de leur facture énergétique ? Qui sont les acteurs privilégiés, privés, publics et associations ? Quelles ressources peuvent être mobilisées pour répondre à ces enjeux ? Comment accompagner les ménages pour les aider à mobiliser les politiques d’aide existantes?

Un travail en partenariat semble essentiel et l’innovation sociale, à travers le social business, pourrait permettre d’accroître l’impact sociétal. Ainsi des entreprises de social business investies dans la lutte contre la précarité énergétique pourraient permettre aux ménages de mieux maîtriser leur facture énergétique et à d’autres d’éviter de basculer sous le seuil de pauvreté pour atteindre un niveau de confort acceptable énergétique.

 

 

-       Chaire industrielle (EHE) Energie Habitat Environnement

 

Portée par le Groupe HEI ISA ISEN, la chaire industrielle EHE (Energie Habitat Environnement) s’inscrit dans la démarche de la Troisième Révolution Industrielle en Nord-Pas de Calais. L’ambition est que les démonstrateurs qui seront développés dans ce cadre se fassent en lien avec les entreprises, afin qu’elles puissent bénéficier des innovations sur les matériaux, la gestion de l’énergie, de nouveaux modèles économiques, de nouveaux métiers, et réaliser des tests grandeurs nature, afin de leur procurer des avantages concurrentiels à l’horizon 2020-2030. La Chaire doit contribuer à ce que les ingénieurs formés au sein des écoles et les ingénieurs en activités au sein des entreprises puissent bénéficier rapidement des connaissances et technologies nouvelles développées à travers la Troisième Révolution Industrielle.

 

Objectifs de la chaire EHE :

- Irriguer les formations initiales de réflexions nouvelles, créer ou adapter des programmes de formation (initiale, continue, en alternance…)

- Garantir les débouchés et l’insertion des étudiants grâce à une adéquation de la formation aux besoins de compétences et former ainsi des professionnels capables de répondre aux enjeux de la thématique

- Favoriser une dynamique entre la R&D des entreprises partenaires et les équipes des laboratoires

- Accroître la visibilité scientifique des laboratoires des écoles

- Accompagner les projets d’innovation des entreprises partenaires

- Créer un lieu et les conditions de réflexion autour de l’innovation dans cette thématique

 

Champs d’applicationsregroupant les thématiques de : l’efficacité énergétique des bâtiments, les bâtiments intelligents, les smart grids/réseaux intelligents, la production, le stockage et la distribution de l’énergie, les EnR (énergies renouvelables), l’aménagement urbain, la gestion durable et la dépollution des sols, la qualité de l’habitat, l’acoustique, la mobilité (ex : véhicules électriques…), la domotique…

 

 

-       Pôle transverse SHS-SI

 

Partant du constat que l’implication des sciences humaines sur les questions énergétiques est, d’une manière générale, relativement faible, l’entrée privilégiée étant jusqu’à présent essentiellement technologique, l’Université Catholique de Lille a engagé depuis quelques mois un inventaire des équipes et des enseignants-chercheurs travaillant déjà, au moins partiellement, sur ces thèmes, ou manifestant un intérêt et souhaitant investir ce champ. Après cette étape d’inventaire, l’objectif, aujourd’hui, est double :

- Structurer et amplifier l’effort de recherche en sciences humaines, au sein de l’Université Catholique de Lille, sur les thèmes relatifs à l’énergie et à la TRI (Troisième révolution industrielle), afin de contribuer à lever les verrous relatifs à la création de bâtiments et d’îlots à énergie positive au sein de l’université et dans l’ensemble du territoire régional.

- Créer, au sein de l’Université Catholique de Lille, un Pôle de recherche transverse sciences humaines/sciences de l’ingénieur, dans le champ de la TRI.

 

Une série de questions de recherche dans le cadre de contributions apportées par les différentes équipes en sciences humaines de l’Université

 

-       Approches éthiques (Département d’éthique et ICAM/CETS) :

o    Anthropologie et modèle sociétal à l’œuvre dans la TRI, déterminisme technologique

o    TRI et modalités de gouvernance, démocratie participative, conditions d’une adhésion citoyenne

o    Conditions d’entrée dans le projet TRI, équité et justice

o    Critères d’évaluation des projets TRI (empreinte environnementale, contribution à la RSE…)

 

-       Approches économiques :

o    Incitations pour le secteur tertiaire à réduire sa consommation d’énergie aux heures de pointe, stratégies d’effacement (recrutement au CRCH d’un doctorant sur ce thème)

o    Lutte contre la précarité économique : le social business comme levier d’action (projet de postdoc au CRCH)

o    Changement de comportements des consommateurs soumis à différentes incitations (laboratoire d’expérimentation/Les Facultés)

o    Tarification, modèles d’affaire dans un contexte d’autoconsommation ou de mutualisation (CRESGE + HEI…)

 

-       Approches sociologiques

o    Intervention dans le processus de co-élaboration dans le cadre du projet démonstrateur Rizomm (et des autres démonstrateurs) afin de garantir performance thermique et performance d’usage, analyse de ce processus de co-élaboration

o    Analyse de l’impact, sur le comportement des utilisateurs du bâtiment, de l’accès à une information détaillée sur les consommations